Dans le village d’Ihemba, situé dans le groupement de Mudusa, en chefferie de Kabare, la population vit depuis plusieurs semaines dans une insécurité grandissante attribuée à des actes de violence commis par des jeunes présentés comme originaires du milieu même.
Selon plusieurs témoignages recueillis localement, des cas de pillages, de menaces et d’agressions auraient contraint des familles entières à abandonner leurs habitations. Des veuves, des personnes âgées et des enfants se retrouveraient aujourd’hui déplacés internes, sans assistance, cherchant refuge dans les localités voisines.
Face à cette situation, des jeunes se présentant comme « jeunes révolutionnaires d’Ihemba » disent briser le silence et interpeller les autorités sur la gravité des faits.
« Mon cœur saigne. Les familles fuient le village alors qu’elles sont incapables de payer un loyer ailleurs. Nous alertons les autorités pour qu’elles agissent avant que notre village ne disparaisse », confie l’un d’eux, dénonçant une crise humaine qui s’aggrave de jour en jour.
Un message de dénonciation circulant dans la communauté évoque l’existence d’un groupe d’individus accusés par les habitants d’être impliqués dans ces exactions.
Ces accusations, qui restent à vérifier par les services compétents, font également état de liens présumés avec des actes criminels signalés dans certaines zones de la province.
Appel pressant à l’État
Face à la détérioration du climat sécuritaire, la population lance un appel urgent aux autorités administratives, judiciaires et sécuritaires afin que : une enquête indépendante soit ouverte pour établir les responsabilités ; les personnes impliquées dans des actes criminels soient interpellées conformément à la loi ; des mesures immédiates soient prises pour protéger les civils et prévenir toute escalade ; l’État réaffirme son autorité dans cette entité rurale fragilisée.
Plusieurs leaders communautaires mettent en garde contre toute tentative de justice populaire, rappelant que la recherche de sécurité ne peut se faire en dehors du cadre légal.
« Nous voulons la paix et la protection, pas la vengeance. Que la justice fasse son travail », confie un notable local sous anonymat.
Le tissu social menacé
Cette nouvelle alerte illustre la vulnérabilité persistante de certaines zones rurales du Sud-Kivu, où l’absence prolongée de réponse sécuritaire favorise la peur, les déplacements forcés et la désagrégation du tissu social.
La société civile locale recommande un déploiement visible des forces de sécurité, accompagné d’un dialogue communautaire pour restaurer la confiance et éviter que la crise ne dégénère davantage.
Ihemba, aujourd’hui meurtri et vidé d’une partie de ses habitants, attend des actes concrets pour retrouver la stabilité, la sécurité et l’espoir d’un retour à la vie normale.
Pacifique Mulemangabo