Depuis quelque temps, le débat sur une éventuelle révision de la Constitution de la RDC divise l’opinion et la classe politique.
Pour certains, cette question ne devrait pas être évoquée alors que le pays traverse une période chaotique. D’autres estiment qu’il s’agit d’un moyen permettant au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
Pour Moïse Nyarugabo, notable du Sud‑Kivu, le régime actuel privilégie le changement de la Constitution afin de se donner des mandats illimités et de s’éterniser au pouvoir. Il déplore toutefois la manière dont certains traitent la Constitution de « constitution étrangère », alors que ceux-là mêmes sont les premiers à s’en servir.
Il lance un message fort à Félix Tshisekedi et à son entourage, en rappelant que tout ne leur sera pas permis indéfiniment.

« Kabuya a lui‑même annoncé que la Constitution existe déjà et qu’il ne reste que de la rendre publique. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent ; nous n’avons pas de conseils à leur donner. Ils peuvent se donner des mandats illimités jusqu’à ce que cela devienne impossible et cela arrivera. Tout ne leur sera pas permis pour longtemps », a‑t‑il déclaré.
Tout en regrettant l’instauration d’une pensée unique qu’il prête au président, Nyarugabo affirme que même certains soutiens de Tshisekedi reconnaissent que ce qu’il fait constitue un désordre au sommet de l’État, sans pouvoir s’y opposer.
Il affirme que la version de la Constitution que Félix Tshisekedi fera adopter sera « sa » Constitution, appliquée par lui et pour lui, mais non une Constitution de la RDC.
« Cette Constitution qu’il va faire sera appliquée par lui et pour lui, mais pas pour le Congo ; ce ne sera pas une Constitution du Congo », a‑t‑il déclaré.
Moïse Nyarugabo rappelle également qu’il est clairement écrit qu’on ne peut pas modifier une Constitution en temps de guerre ou en plein état de siège. Or plusieurs provinces restent sous état de siège et la guerre sévit toujours dans l’Est du pays.
Jonas Kasula