Le Tribunal de paix d’Irumu a rendu 43 jugements d’homologation des compromis conclus entre les parties à l’issue des sessions de médiation organisées entre 2024 et le début de 2026 dans le territoire d’Irumu, en Ituri.
Ces décisions ont été prononcées à l’occasion des audiences foraines tenues du 27 au 30 mars 2026 dans la cour du bureau de l’administrateur du territoire.
L’activité a bénéficié de l’appui du programme de Stabilisation Réactive par la Transition (RESET-Nguzo Ya Mabadiliko) financé par le FCDO, à travers son partenaire de mise en œuvre, Justice Plus.
Selon Séraphine Birungi, responsable du projet RESET au sein de Justice Plus, cette initiative s’inscrit dans un processus engagé depuis deux ans pour améliorer l’accès à la justice dans les zones éloignées.
« Le processus a commencé par un dialogue inclusif ayant permis d’identifier les besoins prioritaires et les difficultés des communautés. Parmi ces besoins figurait l’accès à la justice, les populations estimant le tribunal de paix d’Irumu trop éloigné. En réponse, le projet a renforcé les capacités des structures locales de paix et des parajuristes sur la gestion des conflits, la négociation et la médiation. Ces formations ont facilité les actions de sensibilisation communautaire et préparé les populations à privilégier le dialogue », at-elle expliqué.
Elle souligne que les sensibilisations communautaires et la facilitation des médiations ont progressivement modifié les comportements des communautés face aux conflits. « Désormais, les communautés optent davantage pour le mapatano plutôt que pour la violence », a-t-elle ajouté.
Les sessions de médiation et de négociation facilitées par les parajuristes ont ainsi abouti à 43 compromis, principalement dans des litiges fonciers et sociaux.
Pour Justin Mushagalusa, directeur adjoint du programme RESET Nguzo Ya Mabadiliko, ces audiences ont permis de donner une portée juridique aux accords issus de la médiation.
« Ces audiences ont constitué une opportunité majeure pour le Tribunal de paix d’Irumu d’homologuer ces compromis afin de leur conférer une valeur juridique et de les rendre opposables à tous », a-t-il indiqué.
Au cours de ces audiences, toutes les causes inscrites ont été appelées et examinées par le tribunal en présence des parties concernées ainsi que du ministère public. Parmi les bénéficiaires, Singoma Jacob, habitant du groupement Kabarole, dans le village Bambiya, s’est réjoui de l’issue pacifique d’un différend qui l’opposait à son vacher.
« Mon vacher avait vendu deux de mes vaches sans m’en informer. Grâce à la médiation facilitée par les parajuristes de Justice Plus, il s’est engagé à me rembourser. Aujourd’hui, le jugement d’homologation confirme officiellement que ce conflit est clos », a-t-il témoigné.
Même satisfaction chez Mme Dwangani Noella, qui salue l’accompagnement des médiateurs dans le règlement d’un différend commercial avec sa cliente.
« Après les conseils des médiateurs, ma cliente m’a remis une chèvre en compensation. Nous nous sommes réconciliées et le tribunal a homologué notre compromis. Ce jugement nous rassure sur la clôture définitive
du dossier », a-t-elle déclaré.
Pour rappel, ces audiences foraines visaient à rapprocher la justice des justiciables, en particulier dans les zones rurales et enclavées où l’accès aux services judiciaires reste limité.
Rédaction