Dans la ville de Bukavu, certains abonnés de la Société Nationale d’Électricité SNEL en sigle procèdent à des raccordements illégaux de ménages au courant à prépaiement, communément appelé « Cash Power ». Il s’agit d’une pratique qui, après avoir été officiellement connectés au réseau, ces abonnés agissent à leur tour comme distributeurs d’électricité, en connectant d’autres foyers sans autorisation.
Bien que perçue comme une solution pratique par certains, cette pratique engendre de graves conséquences techniques, économiques et sécuritaires.
L’ingénieur électricien Patrick Aishibioshi, interrogé à ce sujet, indique qu’il s’agit d’une infraction grave aux règlements de la SNEL et aux lois en vigueur. Il rappelle que seule la SNEL est autorisée à distribuer l’électricité.
« Lorsqu’un abonné se transforme en distributeur, il crée non seulement un déséquilibre technique, mais expose aussi les familles au risque d’incendie, car ces raccordements ne respectent aucune norme de sécurité »,alerte-t-il.
Il ajoute que Ces raccordements frauduleux faussent les prévisions de la consommation réelle. Il précise qu’une zone initialement prévue pour consommer 6 MW peut soudainement atteindre 8 à 10 MW, provoquant ainsi une surcharge du réseau.
Conséquence : « des pannes fréquentes, une usure prématurée des équipements, et le recours à des délestages non planifiés.» a-t-il précisé
L’ingénieur Aishibioshi signale également que la mauvaise qualité des câbles utilisés, l’absence de disjoncteurs, de mise à la terre et les connexions artisanales constituent un risque élevé de courts-circuits, d’électrocutions, voire d’incendies domestiques.
Outre les dangers pour les usagers, cette fraude représente un manque à gagner important pour la SNEL et l’État. Elle complique l’entretien, la gestion et le développement du réseau électrique. Elle est également à la base de nombreuses pannes de transformateurs, souvent surchargés par des charges non déclarées.
Face à cette situation, Patrick Aishibioshi appelle les citoyens à respecter scrupuleusement les procédures légales de raccordement.
« L’énergie est disponible, mais sa distribution doit suivre des normes de sécurité strictes pour éviter des drames humains et matériels. Les sanctions prévues par la loi seront appliquées à tout contrevenant » prévient-il.
En fin il fait savoir que la SNEL réitère son engagement à fournir une énergie stable et sécurisée et appelle à la responsabilité collective pour éviter des pertes et protéger les vies humaines.
Sabin Munguakonkwa