La Division provinciale de la santé (DPS) du Sud-Kivu a organisé un briefing à l’intention des professionnels des médias, afin de renforcer leurs capacités sur la prévention et la communication autour de la Maladie à virus Ebola (MVE).
Cette activité a été facilitée en partenariat avec le Réseau des médias pour le développement (REMED), l’UNICEF et Médecins Sans Frontières (MSF). Elle s’est tenue dans la salle de conférence de la DPS ce jeudi 25 juin 2026.
À l’ouverture des travaux, le Dr Claude Bahizire, chargé de la communication à la Division provinciale de la santé, a indiqué que cette rencontre visait à former les journalistes sur les risques liés à la présence de la MVE dans la province, ainsi que sur les comportements à adopter en tant que communicateurs.
Selon lui, les médias jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation de la population. Les journalistes sont ainsi appelés à relayer des messages de prévention fiables à travers différents canaux de communication, afin de contribuer à la protection des communautés.
Situation épidémiologique sous surveillance
Intervenant au cours de ce briefing, le Dr Justin Bengehya, coordonnateur provincial de la riposte contre la Maladie à virus Ebola, a présenté la situation épidémiologique actuelle de la maladie.
Il a fait savoir que trois provinces de la République démocratique du Congo sont actuellement concernées par l’épidémie, à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Au total, 31 zones de santé sont affectées à travers le pays, la majorité des cas étant enregistrée dans la province de l’Ituri.

S’agissant du Sud-Kivu, le responsable de la riposte, Dr Justin Bengehya, a précisé que trois cas confirmés ont été cumulés depuis le début de l’épidémie. Toutefois, aucun cas actif n’est signalé à ce jour. Il a néanmoins insisté sur le fait que la fin de l’épidémie ne peut être déclarée qu’après l’observation complète de la période d’incubation de 21 jours.
Le Dr Bengehya a également rappelé l’importance de l’alerte précoce dès l’apparition de certains signes suspects chez un patient. Les alertes peuvent provenir de plusieurs sources, notamment la recherche active des cas, la surveillance à base communautaire, la recherche passive dans les structures sanitaires, le suivi des contacts ainsi que les numéros verts mis à la disposition de la population.
La communication, un outil qui sauve des vies
Au nom du Réseau des médias pour le développement (REMED), les participants ont été sensibilisés sur la communication des risques et l’engagement communautaire en période de crise sanitaire.
Les intervenants ont souligné que tout communicateur doit d’abord maîtriser les risques liés à la situation, afin de transmettre à la population des informations exactes, pertinentes et diffusées au moment opportun. L’objectif est de permettre à la communauté de comprendre les menaces auxquelles elle fait face et d’adopter les comportements appropriés pour se protéger.
Les experts ont insisté sur plusieurs principes fondamentaux de la communication des risques, notamment la crédibilité, la confiance, la transparence et la diffusion d’informations techniques adaptées au public cible.
« Lorsque les populations sont en danger, la communication peut sauver des vies », ont rappelé les formateurs, soulignant que la diffusion d’informations vérifiées contribue à interrompre les chaînes de transmission de la maladie.
Les journalistes ont également été appelés à mieux connaître le fonctionnement des communautés, à identifier les groupes vulnérables et les minorités, à comprendre les besoins réels en information de la population, tout en restant à l’écoute et réceptifs aux préoccupations des citoyens. L’utilisation d’illustrations et d’exemples pratiques a été recommandée pour faciliter la compréhension des messages.

Sensibilisation sur les comportements à prévenir
Une autre présentation a porté sur la prévention des comportements inappropriés dans le cadre des interventions humanitaires et sanitaires.
Les représentants du ministère de la Santé ont rappelé l’importance du respect du code de bonne conduite dans tous les services. Ils ont notamment insisté sur la lutte contre les abus sexuels, l’exploitation sexuelle et le harcèlement sexuel.
Parmi les six principes fondamentaux présentés figurent notamment la tolérance zéro face aux abus, l’interdiction de toute relation sexuelle avec les enfants et l’interdiction de recruter ou de favoriser une personne en échange de relations sexuelles. Les participants ont été encouragés à signaler tout cas suspect à travers les mécanismes de dénonciation et les canaux de communication mis en place.
Renforcer le rôle des médias dans la prévention
À travers cette rencontre, la DPS, le REMED, l’UNICEF et MSF ont réaffirmé leur volonté de faire des médias des partenaires privilégiés dans la prévention et la lutte contre les épidémies.
Les journalistes présents ont été invités à s’approprier les connaissances acquises afin de contribuer efficacement à la sensibilisation des communautés et à la diffusion d’informations fiables, indispensables pour prévenir la propagation de la Maladie à virus Ebola et protéger les populations du Sud-Kivu.
Pacifique Mulemangabo