Passer de 5 à 208 jeunes générant un revenu autonome en quelques mois : c’est la principale réussite du projet « Uni.e.s pour l’Égalité des Genres » (UPEG). Jeudi 26 mars 2026 à Bukavu, 252 lauréats ont reçu leurs certificats de compétence, une victoire concrète contre le chômage endémique qui touche la jeunesse en République démocratique du Congo. Financé par l’Union européenne, mis en œuvre par Enabel et exécuté par Swisscontact, ce projet démontre que l’insertion professionnelle est l’un des meilleurs remparts contre l’incertitude économique des jeunes.
Alors que l’accès au premier emploi reste un parcours difficile pour des millions de jeunes congolais, les statistiques présentées lors de la cérémonie montrent qu’un modèle de formation adapté peut briser ce cercle de pauvreté. Selon Elvis Amani, coordinateur Suivi et Mesure des Résultats (SMR), l’impact sur les revenus des bénéficiaires est significatif, avec un taux d’insertion de 69 % : une large part des lauréats est déjà active (emploi ou auto‑emploi).
« Avant la formation, seuls 5 jeunes sur 300 avaient un revenu. Aujourd’hui, ils sont 208 à gagner leur vie. Le revenu mensuel moyen a augmenté de 26,39 dollars, doublant presque les capacités financières de ces nouveaux techniciens », a‑t‑il expliqué.
Derrière ces chiffres se cachent des parcours humains. Wivine Konkwa, lauréate en électricité photovoltaïque, est devenue l’un des symboles de la promotion : « Avant, je n’avais aucun avenir. Aujourd’hui, je gagne 20 dollars par semaine sur les chantiers. Je suis fière d’être un pilier pour ma famille », témoigne‑t‑elle.
Pour Merci Bafundisire Justin, ancien chercheur d’or à Walikale, la soudure a constitué une véritable bouée de sauvetage : « Le travail manuel est une richesse. J’ai mon propre matériel et je suis désormais utile et respecté dans ma communauté à Panzi. »
Intervenant lors de la cérémonie, Madlaina Bruderer, cheffe de projet UPEG chez Swisscontact, a souligné que ces résultats confirment la pertinence de l’appui international .
« Grâce au financement de l’Union européenne, nous ne luttons pas seulement contre le chômage, nous restaurons la dignité. En permettant à ces jeunes, et particulièrement aux femmes, de passer de la dépendance à l’autonomie financière, nous attaquons les racines mêmes de l’instabilité et des violences basées sur le genre. C’est une étape cruciale pour la stabilité du Sud‑Kivu. »
Le projet UPEG n’est pas resté au niveau théorique : il a transformé des apprentis en professionnels capables d’intervenir dans des secteurs vitaux. Les 252 certifiés l’ont été dans 14 métiers : mécanique auto et moto, électricité et installation photovoltaïque, plomberie, maçonnerie, soudure et ajustage, menuiserie, boulangerie‑pâtisserie, coupe‑couture, broderie, coiffure mixte, cordonnerie, débosselage‑peinture et garnissage de meubles.
Aujourd’hui, avec environ 50 % de ces jeunes déjà installés à leur compte, le Sud‑Kivu voit émerger une main‑d’œuvre qualifiée, prête à contribuer à la réinsertion économique locale et au développement des communautés.
Frédéric Bagalwa