Le phénomène consistant à porter une épingle dans le sous‑vêtement ou à serrer un élastique autour du bras est récent et provoque de fréquentes perturbations dans plusieurs établissements scolaires de Kamanyola, dans le territoire de Walungu.
« Pendant les heures de rassemblement, des élèves se cachent derrière les bâtiments. Certains font des démonstrations avec leurs élastiques et leurs épingles, d’autres en profitent pour les ajuster. À cause de cela, beaucoup d’élèves ne participent pas aux animations matinales», a constaté, ce samedi 14 mars 2026, le reporter de labeur.info à Kamanyola.
Selon les élèves, cette habitude adoptée par environ 75 % de la communauté trouve son origine dans une rumeur. On y affirme qu’il existerait des individus qui enlèveraient les organes génitaux masculins, et que pour se prémunir il faudrait serrer fréquemment un élastique autour du bras et bien fixer une épingle au niveau du sous‑vêtement.
« Nous avons entendu des informations venues de la ville de Baraka, de Maniema, d’Uvira et de Bukavu selon lesquelles des gens enlèveraient des sexes. Pour se protéger, il faudrait serrer son élastique au bras et bien ajuster son épingle dans le sous‑vêtement», a expliqué l’élève Ornella Ntamuguma, rencontrée en chemin.
Cette rumeur entraîne actuellement retards, perturbations en classe, absences occasionnelles et une augmentation des punitions à l’encontre des élèves. Les conséquences observées sont notamment l’insoumission, la récidive et la baisse des résultats scolaires.
À noter qu’à ce jour aucun cas d’enlèvement ou d’ablation d’organes n’a été confirmé à Kamanyola. Par ailleurs, la demande pour les épingles a fait grimper les prix : une épingle se vend désormais entre 500 et 1 000 FC, contre environ 100 FC auparavant.
Christian Bunani