À l’occasion du Genocost 2026, commémoré le 2 août de chaque année, le Comité de Réaction pour la Justice Transitionnelle en RDC (CRJT-RDC), un réseau d’organisations de la société civile œuvrant pour la mémoire et la justice, conduit par Partenariat pour la Protection Intégrée (PPI), appelle le Président de la République à promulguer une ordonnance instituant un deuil national du 2 au 4 août, chaque année.
Dans sa note de plaidoyer, le CRJT-RDC dénonce une tendance observée à organiser le Genocost dans des salles, parfois avec une ambiance festive, alors que la commémoration renvoie à la douleur réelle subie par les victimes et leurs proches.
Pour le réseau, ces trois jours doivent devenir un temps de recueillement national, vécu dans les villages, les quartiers et les lieux de mémoire.
Le CRJT-RDC insiste sur quatre dimensions essentielles dont: Pleurer nos morts et reconnaître publiquement la souffrance des familles endeuillées ;Méditer sur la gravité des crimes et leurs conséquences sur la société congolaise ; Transmettre l’histoire aux générations futures afin que ce passé douloureux ne soit jamais oublié ; et enfin garantir justice et réparations aux victimes, avec des mesures concrètes de non-répétition.
Selon le CRJT-RDC, le Genocost ne doit pas être une fête ni une simple vitrine institutionnelle, mais un moment sacré de mémoire collective. La République, estime-t-il, doit s’arrêter pour pleurer ses morts, écouter les survivants et s’engager à bâtir un avenir sans crimes de masse.
À noter que le CRJT-RDC est une coalition d’organisations du Sud-Kivu engagées dans la justice transitionnelle : un ensemble de mécanismes permettant aux sociétés meurtries par des violences massives de reconnaître les crimes, honorer les victimes et construire des garanties de non-répétition.
Frédéric BAGALWA