À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, célébrée chaque 10 septembre, le Centre psychiatrique SOSAM de Bukavu appelle la communauté à renforcer l’écoute, l’accompagnement et la prise en charge des personnes en souffrance psychologique.
Son directeur, le Frère Élie Lwakunjo, Frère de la Charité, rappelle que le suicide est un phénomène complexe, généralement lié à une souffrance profonde. Il souligne qu’une personne qui envisage de mettre fin à ses jours peut, à un moment donné, ne plus parvenir à entrevoir d’issue à sa situation.
Plusieurs facteurs peuvent favoriser une crise suicidaire, notamment la dépression et d’autres troubles psychiques, les traumatismes, les violences, le deuil, les conflits familiaux, l’isolement ainsi que les difficultés économiques, sociales, scolaires ou professionnelles. Dans le contexte du Sud-Kivu, les conséquences psychologiques liées aux traumatismes et aux situations difficiles doivent également être prises en compte.
Le responsable du SOSAM insiste toutefois sur le fait que le suicide n’est pas une fatalité. Certains changements de comportement doivent alerter l’entourage : isolement soudain, tristesse profonde, perte d’intérêt pour les activités habituelles ou sentiment de désespoir. Des phrases telles que « je n’en peux plus », « ma vie n’a plus de sens » ou « je serais mieux si je n’étais plus là » doivent être prises au sérieux.
Face à ces signes, les proches sont encouragés à rester présents, à écouter sans juger et à rechercher rapidement une aide professionnelle si nécessaire.
La prévention concerne toute la communauté. La famille, l’école, les structures sanitaires et la société ont chacune un rôle à jouer dans l’identification, l’orientation et l’accompagnement des personnes en détresse.
Pour le Frère Élie Lwakunjo, « la prévention commence par l’écoute ». Il rappelle enfin que demander de l’aide pour sa santé mentale n’est pas une faiblesse, mais une démarche essentielle pour protéger la vie.
Benjamin MUKANIRE