Ce lundi 4 août 2026, la Brigade anti-rumeurs Axe Ciriri a mené une séance de sensibilisation auprès des artistes du Centre Pamoja Village des Artistes. L’activité s’inscrit dans le cadre du projet Tushunguze 2 et vise à faire des créateurs des premiers relais d’alerte contre la désinformation, la mésinformation et la malinformation.

À Bukavu, où la rumeur se propage parfois plus vite que la vérité, la Brigade mise sur ceux que le peuple écoute le plus : les artistes.

Des artistes, “au cœur du peuple”

Face aux artistes, musiciens, comédiens et slameurs, Jean Pacifique Zihalirwa, point focal de la Brigade, a rappelé l’influence déterminante du milieu artistique. Il a également insisté sur la crédibilité dont jouissent les artistes.

« Nous venons vers vous parce que vous êtes au cœur du peuple. Vous parlez sa langue, vous vivez ses réalités. Votre message ne tombe pas du ciel : il naît dans le quartier. Et c’est pour ça qu’il touche. Les gens vous suivent depuis des années. Ils dansent avec vous, ils pleurent avec vous. Quand vous prenez la parole, on vous croit plus facilement que face à un communiqué », a-t-il ajouté.

L’art comme arme contre la rumeur

Selon Jean Pacifique, l’art a un avantage décisif : la vitesse et l’émotion, et sa conclusion a été directe et ferme.

« Une chanson ou une vidéo de 30 secondes fait le tour de la ville avant même que l’officiel ne soit rédigé. Mais surtout, vous ne donnez pas seulement l’information : vous la faites ressentir. Et ce que le cœur retient, la tête n’oublie pas », a-t-il martelé.Si aujourd’hui vous choisissez de parler contre les rumeurs, la rumeur meurt. Si vous vous taisez, elle grandit et elle tue. Votre micro n’est pas un jouet : c’est une responsabilité. »

Trois menaces expliquées : désinformation, mésinformation, malinformation

Sous la modération de Madame Lydia Zawadi, membre de la Brigade, les participants ont abordé trois formes de menaces.

« La désinformation se fabrique pour mentir. La mésinformation se partage par ignorance. La malinformation utilise une part de vérité pour faire du mal. Les trois visent à casser la cohésion sociale », a expliqué l’équipe.

Héros Claude, autre membre de la Brigade, a renchéri :

« Un artiste n’est pas neutre. Soit il devient le vaccin contre la rumeur, soit il devient le virus qui la propage. Votre art peut éduquer plus vite qu’un atelier et calmer une tension plus vite qu’un discours. »

Vérifier, refuser la haine, construire la paix

Le message central était simple : vérifier avant de relayer, refuser de vendre sa voix à la haine, et utiliser son art pour construire la paix.

« Avec notre art, on peut construire un pays ou le brûler. Le choix nous appartient », a résumé un artiste du centre.

Une nouvelle casquette pour les artistes : informateurs communautaires

En clôture, la Brigade a fixé une nouvelle responsabilité aux artistes : devenir des informateurs communautaires. Des sentinelles culturelles chargées de détecter une rumeur, de vérifier l’information et de ramener la vérité au peuple à travers leurs chansons, sketchs et messages.

« Avec vous, artistes, la communauté est mieux informée et mieux protégée », a conclu la Brigade.

Au Centre Pamoja, le pari est lancé : Bukavu ne subit plus la rumeur, elle la prévient avec les artistes.

Sabin Munguakonkwa

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