La chefferie de Luhwindja, dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu, fait face à un nouvel épisode de violence lié à des accusations de sorcellerie. L’incident le plus récent s’est produit mardi 11 août, dans le quartier Ciburhi, groupement de Kabalole, au domicile de Kabata Bacirhamya.
D’après des témoignages recueillis au sein de la communauté, un groupe de jeunes en colère se serait introduit dans la maison pour s’en prendre à l’épouse de Kabata Bacirhamya. Elle serait accusée d’être à l’origine de la mort d’un jeune homme survenue au moment des préparatifs de son mariage.
Au cours de l’attaque, Moïse Basimika, âgé de 19 ans, aurait été brûlé à son domicile. Les assaillants, qui auraient déclaré chercher sa grand-mère, l’auraient pris pour cible. Le jeune homme a été transporté à l’Hôpital général de référence d’Ifendula, où il est décédé des suites de ses blessures, selon les informations recueillies.
Cet incident relance les inquiétudes concernant les mécanismes de prévention et de prise en charge des violences liées aux accusations de sorcellerie dans la région. Lorsque ces accusations ne passent pas par une procédure judiciaire, elles peuvent rapidement dégénérer en représailles et exposer des personnes innocentes à de graves violences.
Le noyau du club d’écoute de l’Association des femmes des médias de Luhwindja condamne fermement cet acte et appelle les autorités locales et provinciales à agir afin d’éviter de nouveaux incidents. L’association demande notamment le renforcement de la sensibilisation contre les violences basées sur le genre, la protection des personnes accusées et le recours aux mécanismes légaux de justice.
Au-delà de ce cas, la situation met en évidence la nécessité de mener un travail communautaire durable portant sur les croyances liées à la sorcellerie, la prévention des violences, ainsi que la restauration de la confiance entre les habitants et les autorités.
Rédaction