Le noyau communal d’Ibanda de la Société Civile Forces Vives Sud-Kivu tire la sonnette d’alarme. Le 15 juillet 2026, au cours d’une interview accordée à votre média, Murhula Macumbiko, son président, dénonce la dégradation continue de la salubrité dans la ville de Bukavu.

Du centre-ville aux quartiers périphériques, le constat est le même : des tas d’immondices s’entassent aussi bien sur les avenues principales que dans les ruelles, et restent exposés pendant plusieurs jours après le salongo communautaire. Une image qui ne reflète ni la dignité, ni les ambitions de développement de Bukavu.

Pourtant, la population joue sa part. Chaque mois, les maisons commerciales s’acquittent de 5 dollars et chaque ménage verse 2 000 francs congolais pour l’assainissement. Chaque samedi, les habitants se mobilisent également pour nettoyer.


« La population fait sa part. Elle paie et elle balaie. Nous demandons simplement que le service promis suive, parce que la santé n’attend pas », déclare Murhula Macumbiko.

Sur le plan sanitaire, l’inquiétude est d’autant plus grande. En pleine saison sèche, ces dépotoirs à ciel ouvert deviennent de véritables nids à maladies. La poussière et les mauvaises odeurs fragilisent les enfants ainsi que les personnes âgées. Les mouches et les rats prolifèrent et véhiculent directement des maladies telles que le choléra et la typhoïde.

Sous la chaleur, les aliments vendus à quelques mètres des ordures sont contaminés en quelques minutes.


« Nous voyons des enfants jouer à côté des ordures. Demain, ce seront les mêmes enfants qui se retrouveront à l’hôpital. La prévention coûte toujours moins cher que le traitement », alerte le président Murhula Macumbiko.

Le problème ne s’arrête pas là. Les déchets bouchent les caniveaux. À la moindre pluie, les eaux stagnantes transforment certains quartiers en espaces favorables aux moustiques et font grimper les risques de paludisme et de fièvre typhoïde. Les premières personnes exposées sont notamment les femmes vendeuses, les motards et les enfants qui empruntent quotidiennement ces axes.

Au-delà de la santé, l’insalubrité pèse lourdement sur l’économie locale. Les ménages dépensent davantage en soins, les commerces perdent de la clientèle, et l’image de Bukavu se dégrade aux yeux des investisseurs et des visiteurs.


« Aucune ville ne peut se développer si elle est malade. La propreté est le premier investissement en capital humain », souligne Murhula Macumbiko.

Face à cette urgence, la Société Civile appelle la mairie à assumer pleinement son rôle de coordination et de régulation du service public d’assainissement. Trois exigences sont formulées : Garantir la transparence sur l’utilisation des frais d’assainissement ; Planifier l’évacuation dans les 48 heures après chaque salongo et Renforcer les moyens logistiques, en s’appuyant sur les coopératives de jeunes.

La Société Civile demande également à la mairie d’identifier et de sanctionner les organisations et structures qui perçoivent les frais d’assainissement auprès de la population sans assurer l’évacuation effective des immondices.


« Percevoir de l’argent sans rendre le service, c’est rompre le contrat avec la population. La mairie a le devoir de contrôler, d’évaluer et de prendre des mesures pour rétablir la crédibilité du service », insiste Murhula Macumbiko.

La Société Civile Forces Vives Sud-Kivu réaffirme sa disponibilité à travailler avec la mairie, les communes, les chefs de quartiers et les partenaires techniques pour construire une réponse durable. En attendant, elle lance un appel urgent à l’évacuation immédiate des déchets qui encombrent la ville, afin de protéger la santé de la population et de rendre à Bukavu sa dignité.

Sabin Munguakonkwa

Newsletter

Labeur.info est un média en ligne spécialisé dans la publication en temps réel, des informations vraies, vérifiées et vérifiables de la RDC en particulier et de l’international en général. Il se démarque par son caractère impartial et par la diversité des informations qu’il traite.

NOS ADRESSES

Copyright © 2025 Labeur Info – Informer, Former et Divertir