Le Consortium international pour les droits de l’homme au Congo (CIDHC) note une augmentation brutale des capacités d’accueil des camps de déplacés congolais au Burundi, atteignant jusqu’à 200 % de leur capacité initiale.
Dans un rapport rendu public ce samedi 18 avril 2026, le CIDHC alerte sur une crise humanitaire « grave », prolongée et structurellement sous-responsable.
Dans ce rapport, le consortium révèle qu’au moins 200 000 réfugiés congolais sont aujourd’hui présents au Burundi, dont plus de 100 000 nouveaux arrivants en seulement quelques mois.
« Concrètement, cela signifie que des familles entières vivent entassées dans des espaces inférieurs à 10 mètres, sans accès suffisant à l’eau potable, sans infrastructures sanitaires et sans protection contre les maladies », lit-on dans le rapport.
Le CIDHC affirme avoir observé un lien direct entre les conditions de vie que traversent ces réfugiés et la dégradation de leur situation sanitaire. Il indique que le manque d’accès aux soins, l’insuffisance de médicaments essentiels et la faiblesse des infrastructures médicales ont contribué à une hausse significative de la mortalité.
« Des centaines de décès, dont une grande partie auraient pu être évités, ont été enregistrés en quelques semaines seulement. Ces décès ne sont pas une fatalité : ils sont la conséquence de défaillances persistantes et récurrentes », poursuit le consortium.
Au-delà de la crise humanitaire, le CIDHC note également des écarts importants entre les financements annoncés et l’assistance réellement observée sur le terrain. Selon lui, ces écarts posent la question de la transparence et de la traçabilité des ressources.

« Nous évoquons avec prudence, mais avec responsabilité, des indices d’instrumentalisation politique de la situation des réfugiés. Ces éléments nécessitent des enquêtes indépendantes, crédibles et impartiales », écrit le rapport.
Face à cette situation alarmante, le CIDHC demande au gouvernement burundais de garantir pleinement les droits fondamentaux des réfugiés, notamment : la liberté de mouvement, la protection juridique et le strict respect du principe de non-refoulement. Il demande également au gouvernement congolais d’assumer sa responsabilité première dans la protection de ses citoyens, en œuvrant activement à la stabilisation des zones d’origine et à la création des conditions d’un retour volontaire, sûr et digne.
Enfin, il rappelle aux organisations humanitaires l’importance de renforcer leur présence, d’améliorer la transparence et de garantir une distribution équitable de l’aide.
Rédaction.