Face à l’épidémie de la maladie à virus Ebola, l’AFC-M23 a officiellement annoncé la mise en place d’une cellule de crise sanitaire. Sa mission consiste à coordonner la riposte contre cette maladie dans les zones placées sous son contrôle, afin de freiner une propagation jugée rapide.
Mobilisation communautaire au cœur de la stratégie
À l’occasion d’une conférence de presse organisée le jeudi 23 mai 2026 à Goma, les responsables de la riposte ont rappelé la gravité de la situation et appelé la population à s’impliquer activement pour contenir l’épidémie.
Le coordonnateur adjoint en charge des questions économiques, finances, développement et modernisation, et également responsable de la direction de la cellule de riposte, a insisté sur l’importance de prendre le virus au sérieux. Il a souligné que cette maladie se transmet notamment par contact avec les liquides biologiques des personnes infectées, ou encore avec des animaux contaminés.
Selon ses explications, l’ampleur actuelle de l’épidémie dans le pays s’expliquerait en partie par un retard dans la détection et l’identification de l’épidémie, ce qui aurait contribué à sa propagation dans plusieurs zones, en particulier en Ituri, où des cas sont actuellement signalés.
Des dispositifs déjà mis en place
Pour rassurer la population, les responsables ont affirmé que des centres de traitement ont déjà été aménagés grâce à l’appui des partenaires humanitaires. Ces structures visent à assurer une prise en charge rapide et efficace, notamment dans les zones considérées comme libérées et stabilisées.
Un système de quarantaine en cas de suspicion a également été instauré. En plus, des équipes spécialisées seraient déjà mobilisées pour garantir des enterrements dignes et sécurisés des personnes décédées du virus, afin d’éviter tout risque de transmission lors des cérémonies funéraires.
Les responsables ont aussi mis l’accent sur la communication, la participation communautaire et l’engagement de tous. L’objectif est de prévenir la désinformation qui pourrait amplifier la crise et augmenter le nombre de contaminations.
« L’urgence sanitaire oblige.»
Priorité aux vies humaines et ouverture à la collaboration
Au cours de la même conférence, le Dr Frédéric Kaniki a rappelé que, lors d’une période de crise sanitaire, les considérations politiques doivent être mises de côté, au profit de la protection des vies humaines.
Il a par ailleurs affirmé que le virus n’a “pas de frontières”, et que l’AFC-M23 se dit prête à collaborer avec toute personne ou institution pour contrer la propagation.
Pour conclure, les responsables ont indiqué que deux cas confirmés positifs ont été enregistrés dans l’espace libéré : un à Goma et un autre à Bukavu, ce dernier étant déjà décédé. Plus de 250 cas suspects auraient été identifiés et suivis, avec une prise en charge/médication effectuée dans le respect strict des mesures barrières.
Enfin, il a été rappelé que la souche actuellement détectée correspond au variant Bundibugyo, présenté comme la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC depuis l’identification du virus en 1976.
Rédaction