Dans le cadre de l’émission Parlement des Jeunes, l’ancien vice-ministre de la Défense, Samy Adubango Aoto, a tenu des déclarations particulièrement virulentes au sujet de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Élu national du territoire de Mahagi, en Ituri, il estime que les véritables responsables des violences ne se trouvent pas uniquement dans les zones de combat. Selon lui, une partie des soutiens aux groupes armés serait ancrée jusque dans les institutions du pays.

« Les véritables complices de la guerre qui ravage l’Est de la RDC sont à Kinshasa. Ils continuent d’occuper d’importantes fonctions au sein des institutions », a déclaré Samy Adubango.

L’ancien responsable affirme également que certains acteurs politiques de l’Est entretiendraient des liens, directs ou indirects, avec des mouvements rebelles. Il a ainsi avancé une thèse selon laquelle, si l’AFC-M23 devait étendre sa présence jusqu’à la capitale, des notables de l’Est chercheraient à se rapprocher de la rébellion.

« Si l’AFC-M23 arrivait à Kinshasa, vous verriez certains grands notables de l’Est quitter les institutions pour se rallier à eux. Ce n’est plus un secret pour personne », a-t-il insisté.

Des guerres « créées » selon lui par des notables politiques de l’Est

Dans la même intervention, Samy Adubango a dénoncé l’implication, selon lui, d’acteurs civils et politiques dans la persistance des conflits.

« Toutes les guerres que la RDC connaît sont des guerres créées par des notables civils et surtout des notables politiques de l’Est. Ce n’est plus un secret pour personne », a-t-il ajouté.

Témoignage lié à son passage au gouvernement

Revenant sur son expérience au sein de l’État, il a affirmé avoir observé des mécanismes internes liés à la sécurité nationale. Il explique avoir quitté le gouvernement Suminwa 2 en août, au moment où, selon ses propos, la situation de plusieurs villes se dégradait.

« Je quitte le gouvernement Suminwa 2 en août. Goma tombe. À cette époque, j’assumais les fonctions de vice-ministre de la Défense », a-t-il rappelé.

Selon lui, lors d’actions de répression et de renseignement militaire, certains cadres politiques de l’Est auraient été identifiés. Il soutient aussi que certains responsables auraient ensuite changé de posture après la chute de villes stratégiques.

« Dès que Goma et Bukavu sont tombés, ils ont commencé à négocier pour regagner les groupes armés, pour des raisons qu’eux-mêmes connaissent », a-t-il déclaré.

« Une liste » existerait, selon l’ancien vice-ministre

Samy Adubango affirme enfin que les services compétents disposeraient d’informations précises sur ces réseaux. Il évoque l’existence d’une liste de personnalités politiques et administratives.

« À cette époque, j’étais vice-ministre de la Défense. Nous avons la liste de tous ces hauts cadres, de tous ces politiciens. Certains sont même en fonction dans des institutions du pays au sommet de la République, mais collaboraient déjà avec la rébellion », a-t-il souligné.

Un débat relancé

Ces accusations relancent, une fois de plus, la discussion autour de la transparence, de la responsabilité politique et de la gouvernance sécuritaire dans la gestion de la crise qui continue de toucher l’Est de la RDC.

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