En l’espace de deux mois, la population de la ville de Goma (Nord-Kivu) va commémorer les habitants massacrés en pleine ville, sous l’état de siège.

En effet, le 30 août 2023, des fidèles de l’Église « Foi Judaïque Messianique vers les Nations », connue sous le nom de Wazalendo, ont vu leur avenir brutalement réduit au silence. Leur destin s’est effondré lorsqu’au moment où ils se préparaient à participer à une manifestation contre la présence de l’EAC ainsi que de plusieurs autres organisations dont la MONUSCO , des éléments de la Garde républicaine, dirigés par Constant Ndima, alors gouverneur militaire, ont tiré sur des fidèles.

D’après les informations disponibles, au moins 57 personnes ont été tuées, une dizaine ont été blessées et plusieurs fidèles interpellés.

La question qui choque l’opinion

À peine trois ans après ces événements, Constant Ndima, présenté comme l’un des principaux auteurs des faits, a été élevé au rang de juge assesseur au sein de la Haute Cour militaire de Kinshasa, sans que ces actes commis contre des civils à Goma aient été pris en compte.

Face à cette décision, plusieurs activistes et défenseurs des droits humains rompent le silence et condamnent la nomination de Constant Ndima Kongba à ce poste.

Pour Clarisse Miruho, cette nomination constitue, une fois de plus, une manière de « cracher » sur la mémoire des victimes, et surtout sur les familles qui ont perdu injustement leurs proches.

Elle estime que cette démarche est inacceptable et appelle le gouvernement congolais à revenir sur sa décision afin de soulager la population meurtrie par ces barbaries.

Un climat d’impunité notoire qui secoue l’appareil judiciaire

Clarisse Miruho affirme ne pas comprendre comment la République peut « protéger » des personnes accusées d’avoir commis de graves violations des droits humains.

Selon elle, cette nomination favorise l’impunité. Elle souligne que cela porte atteinte à la confiance dans les institutions judiciaires congolaises.

« Un criminel ne peut jamais juger les autres », a-t-elle déclaré.

Pour Clarisse Miruho, la nomination de Constant Ndima Kongba réveille de douloureux souvenirs chez les habitants de Goma, profondément choqués par le drame du 30 août 2023, une journée restée gravée dans leurs mémoires.

Rappelons que le premier président de la Haute Cour a annoncé l’intégration du lieutenant-général Constant Ndima Kongba, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, dans la composition de la Cour en qualité de juge assesseur. Une décision qui a conduit le ministère public à requérir sa prestation de serment.

Jonas KASULA

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