Le lieutenant général Constant Ndima Kongba, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, a été nommé à la Haute Cour militaire de Kinshasa, en qualité de juge assesseur. Une nomination qui, dès son annonce, suscite une vive polémique, notamment dans la classe politique et la population du Nord-Kivu.
À cette occasion, Jules Ngeleza, défenseur des droits humains de l’Est de la RDC, exprime son indignation à propos de cette décision.
Non convaincu par cette nomination, Jules Ngeleza estime que la meilleure démarche serait de procéder à l’annulation de la décision prise par la Haute Cour militaire.
Selon lui, c’est le président du Conseil supérieur de la magistrature, ainsi que le président de la Cour constitutionnelle, qui devrait annuler cette décision jugée incompréhensible pour une grande partie de la population congolaise.
Pour Ngeleza, cette nomination constitue une atteinte à la justice congolaise, ainsi qu’une insulte à la mémoire des victimes des actes dont, d’après ses accusations, le “général” serait l’auteur, notamment à Goma, et particulièrement dans le domaine des violations des droits humains.
Le défenseur des droits humains rappelle aussi que des défenseurs des droits humains, dénonciateurs d’actes de spoliation d’espaces d’utilité publique, auraient été, selon lui, les principales cibles de l’ex-gouverneur militaire du Nord-Kivu. Il cite notamment les espaces situés devant le musée à Goma ; l’espace Kamuchanga ; la concession du Centre de promotion sociale de Karisimbi et le cas des massacres visant les adeptes de la secte mystico-religieuse Wazalendo.
« Sa carrière est donc marquée par des exactions accompagnées de violations massives des droits humains. Ses mains sont trempées dans le sang. Voilà pourquoi il a été rappelé à Kinshasa et démus de ses fonctions de gouverneur du Nord-Kivu », indique Jules Ngeleza.
Selon lui, gratifier Ndima d’une telle responsabilité représente un choix inacceptable, qui porte atteinte à la dignité humaine et déshonore la justice congolaise.
Enfin, Jules Ngeleza estime qu’un haut cadre militaire de l’armée dont le passé est jugé “sombre” doit répondre de ses actes devant les juridictions compétentes, notamment sur le terrain.
Rédaction