Un peu plus d’un mois après la déclaration de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans les zones de santé de Bunia, Rwampara et Mungbwalu (province de l’Ituri), le gouvernement congolais a tenu, le 18 juin 2026, un briefing au gouvernorat de province. L’objectif : informer l’opinion publique et faire le point sur les progrès enregistrés dans la riposte.

Selon le docteur Samuel Roger Nkamba, ministre de la Santé, sur un total de 896 cas rapportés dans les trois provinces concernées (Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu), la province de l’Ituri concentre à elle seule 827 cas confirmés.

Ce bilan se décline notamment comme suit :232 décès et 78 guérisons

Le ministre a souligné que ces chiffres reflètent le renforcement progressif des actions de riposte, portées par la détection précoce et la prise en charge rapide des malades. Il a par ailleurs précisé que la capacité de détection a connu une nette amélioration : de 22 cas par jour à 2000 cas par jour, grâce au déploiement d’équipements de détection sur le terrain.

Prise en charge sociale et humanitaire

Dans son intervention, madame Eve Bazaiba Masudi, ministre d’État en charge des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, a présenté les actions sociales menées avec l’appui des partenaires, notamment ALIMA et UNICEF.

Ces appuis ciblent les enfants de 0 à 17 ans dont les parents sont décédés d’Ebola ou sont déclarés malades ; les femmes et les personnes déplacées internes installées dans divers camps.

Sur le plan technique, les experts de la coordination de la riposte, dont le docteur Lola, ont insisté sur l’élargissement des capacités de laboratoire.

Outre le laboratoire implanté à Bunia, la riposte s’appuie également sur un laboratoire mobile à Mungbwalu et un laboratoire à Nyankunde.

Dépistage à l’aéroport de Murongo : procédure digitalisée

Le docteur Wivine, du Programme national de l’Hygiène aux frontières, a expliqué le dispositif mis en place à l’aéroport de Murongo.

Selon lui, la fiche du voyageur est désormais digitalisée grâce à un code QR, ce qui permet de réaliser un contrôle et un screening (dépistage). Le processus inclut : le lavage des mains ; un screening visuel via caméra pour relever la température ; l’observation de la couleur des yeux et l’évaluation de l’ensemble des symptômes liés à la MVE.

La représentante de l’OMS, docteur Marie, a indiqué que la maladie touche 21 zones de santé en Ituri ; 11 zones de santé au Nord-Kivu et 1 zone de santé au Sud-Kivu.

Elle a aussi mentionné l’amélioration des capacités de réponse : avec une dotation de 500 lits, la riposte est passée de 0 CTE à 9 CTE (aujourd’hui). De même, la capacité de détection est passée de 20 personnes à 2000 personnes par jour.
L’OMS conclut que, face à l’évolution de l’épidémie, une réponse robuste est déployée et que la surveillance épidémiologique demeure efficace.

Le représentant de l’African CDC a expliqué que, lors du démarrage de l’épidémie, il n’existait pas d’appareils adaptés pour la détection de la souche Bundibugyo.
Aujourd’hui, grâce à des équipements importés et produits en Corée, la détection est plus rapide.

Ville confinée ? Une décision jugée non appropriée

Interrogé sur la possibilité de confinement de la ville, le ministre a répondu par la négative. Il estime que cette mesure ne constituerait pas une mesure de santé publique appropriée.

Il a ajouté que d’autres pays africains, notamment le Nigéria, où l’on a recensé plus de 10 000 décès liés à Ebola, n’ont pas opté pour un confinement du même type, car cette approche compliquerait la riposte.

Rédaction

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