Martin Fayulu, figure de proue de l’opposition, a dénoncé à Kinshasa une répression qu’il juge « sanglante » lors de la manifestation organisée ce vendredi 12 juin contre le changement de la Constitution.
Selon l’opposant, le bilan provisoire ferait état de deux décès et de nombreux blessés, dont lui-même. Martin Fayulu accuse les forces de l’ordre d’avoir fait usage de balles réelles et soutient qu’elles auraient bénéficié de l’appui de militants de la Force du progrès, une structure qu’il dit affiliée à l’UDPS.
« Je suis avec les autres leaders. Nous sommes gravement blessés et nous ne savons pas comment sortir. La police est là, aidée par la Force du progrès. Ils ont déjà tué deux personnes devant le siège et ont emporté les corps », a-t-il déclaré.
Et d’ajouter : « Nous sommes arrivés jusqu’au Palais du peuple, où nous avons été repoussés. Lorsqu’ils ont constaté qu’ils ne pouvaient pas nous empêcher d’avancer, ils ont commencé à tirer à balles réelles. Comme nous étions déjà au contact, ils ont utilisé des matraques et des crocs pour nous frapper à la tête. Delly Sessanga est blessé, Jean-Marc Kabund également, tout comme moi. Il y a beaucoup de blessés », a-t-il affirmé.
Par ailleurs, la manifestation avait été autorisée par les autorités urbaines, qui avaient toutefois décidé de délocaliser le lieu du rassemblement. Une décision rejetée par l’opposition, qui a maintenu son intention de rejoindre le Palais du peuple, siège du Parlement congolais, présenté comme une « zone inviolable » par le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba.