Des organisations de la société civile, des mouvements citoyens et des confessions religieuses du Nord et du Sud-Kivu s’élèvent contre le changement de la Constitution envisagé par le président de la République, Félix Tshisekedi.
Lors d’un point de presse tenu à Goma, ces organisations ont lancé officiellement une campagne citoyenne pour la paix à l’Est, dénommée « Non au changement de la Constitution, oui à la tenue des élections dans le délai constitutionnel ».
Pour ces acteurs, il n’est pas acceptable que des millions de Congolais soient mis en danger pour les intérêts d’une seule personne qui souhaiterait s’éterniser au pouvoir. Ils estiment également que cette Constitution demeure le socle des accords déjà conclus dans le cadre du processus de paix, et qu’en cas de modification, il ne serait plus garanti des bases légales en République démocratique du Congo.
« Nous n’allons pas accepter que l’avenir de millions de Congolais soit mis en danger, ni que le pronostic vital de la RDC soit mis en cause, seulement parce que quelqu’un veut se pérenniser au pouvoir. Nous avons constaté que ces velléités, quelles que soient les justifications avancées, n’ont pour objectif que de maintenir M. Tshisekedi au pouvoir après la fin de son mandat constitutionnel. Ainsi, il veut changer la Constitution. Cette dernière est le socle des accords déjà signés. Si on change la Constitution, ces accords n’auront plus de base légale en RDC », ont déclaré ces organisations.
Quelles conséquences en cas de changement de la Constitution ?
Ces organisations soutiennent que, si la Constitution est effectivement modifiée, le pays se retrouverait avec deux constitutions : l’une pour Kinshasa et l’autre pour la partie sous contrôle de l’AFC-M23.

Selon elles, cela pourrait plonger davantage le pays dans la balkanisation, source de chaos, au détriment de la population.
« Si, par mauvaise augure, il parvient à changer la Constitution, la partie sous son contrôle, ainsi que celle sous contrôle de l’AFC-M23, ne sera pas impliquée dans le processus. Elle continuera alors d’utiliser l’ancienne Constitution. Avec comme conséquence qu’un pays ne saurait disposer de deux constitutions : chaque partie serait gérée selon une Constitution, et on aboutirait à deux nations distinctes. C’est ce que nous appelons la balkanisation », ont-elles indiqué.
Elles affirment que toute balkanisation résultant d’un changement constitutionnel sera de la responsabilité du président Tshisekedi. Pour elles, la rupture du processus de paix en cours, de même que la guerre, serait également engagée sous sa responsabilité, car il n’aurait pas été capable de mettre fin aux hostilités ni par les armes, ni par la diplomatie et le consensus.
Enfin, ces organisations promettent de multiplier des actions visant à freiner toute démarche tendant à modifier la Constitution.
Rédaction.