La rentrée scolaire au Sud-Kivu s’ouvre dans un climat partagé entre enthousiasme et inquiétude. Si les enfants retrouvent avec joie leurs camarades et leurs enseignants, les parents, eux, doivent affronter une série de défis qui rendent ce moment aussi éprouvant qu’espéré.

Malgré l’annonce de la gratuité pour l’enseignement primaire, le coût de la scolarité demeure un obstacle majeur. Les familles doivent encore assumer les frais liés aux uniformes, aux fournitures et aux contributions scolaires. Des dépenses qui deviennent un véritable casse-tête pour des ménages déjà fragilisés par la crise économique.

Dans certaines zones touchées par l’insécurité et les conflits armés, les trajets vers l’école restent risqués. Les parents sont ainsi contraints de choisir entre l’éducation et la sécurité immédiate de leurs enfants.

Dans plusieurs territoires, les écoles manquent de bancs et de manuels, ou fonctionnent dans des bâtiments vétustes. Les parents sont alors amenés à improviser et à organiser des collectes communautaires afin d’assurer un minimum de confort à leurs enfants.

C’est notamment le cas dans les hauts plateaux, précisément à Katasomwa et Tushunguti, où la rentrée n’a pas eu lieu. Selon des acteurs de la société civile locale, des affrontements survenus la semaine dernière ont replongé ces entités dans une psychose, empêchant toute reprise des cours.

Il convient également de signaler que la rentrée s’est déroulée dans la douleur pour la plupart des élèves et des responsables d’écoles. Plusieurs établissements ont été détruits lors de bombardements survenus entre janvier et mars 2025, tandis que d’autres ont été gravement endommagés à la suite des inondations.

D’après les organisations de la société civile locale, plus de neuf écoles sont aujourd’hui jugées non viables et n’ont bénéficié d’aucun programme de réhabilitation dans les axes Kiniezire-Mukwidja, Bunyakiri et Kalonge.

Dans ces zones, on signale aussi un nombre important d’élèves dont les familles restent en déplacement. Pour ces derniers, les parents doivent redoubler d’efforts afin de maintenir leurs enfants à l’école malgré ce contexte difficile.

Contacté par votre média, l’un des syndicalistes dans la sous-division de Kalehe 3, à Kalonge, indique que certains enseignants ont boycotté la rentrée. Ils dénoncent le non-paiement de leurs salaires pour les mois de juillet et août 2025. Conséquence : plusieurs responsables d’écoles se sont retrouvés seuls, ou avec un nombre réduit d’enseignants, pour encadrer les élèves lors de cette première journée.

Des cas similaires sont également signalés dans la ville d’Uvira, ainsi qu’à Idjwi, Kabare et Kalehe, où plusieurs parents ont encore du mal à réunir l’argent nécessaire pour acheter les fournitures scolaires et permettre à leurs enfants de reprendre le chemin de l’école.

Enfin, ces parents ajoutent que la qualité de l’enseignement reste fragilisée par des enseignants sous-payés et insuffisamment formés. Malgré tout, ils portent sur leurs épaules le poids d’une mission essentielle : offrir l’éducation à leurs enfants en dépit des obstacles.

Rédaction

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