Le consortium international pour les droits de l’homme au Congo(CIDHC) s’inquiète d’une situation devenue, selon lui, critique à Kinshasa. Dans un rapport couvrant la période 2025-2026, centré sur les droits humains, l’insécurité urbaine et le système carcéral dans la capitale, l’organisation estime que la ville ne traverse plus seulement des difficultés conjoncturelles : elle fait face à une crise structurelle, susceptible d’affecter durablement la stabilité sociale, la cohésion nationale et l’État de droit.

Sur le plan social, le CIDHC dénonce la montée de la glottophobie, du tribalisme ainsi que des discriminations, qui nourrissent une méfiance grandissante entre les citoyens. Ces tensions, affirme-t-il, fragilisent davantage les relations sociales et accentuent le sentiment d’injustice.

Le rapport met également en évidence l’addition de plusieurs facteurs : une insécurité persistante, des défaillances institutionnelles et une perte de confiance envers les autorités publiques. Résultat : un climat de peur diffuse, et une normalisation progressive des atteintes aux droits humains.

Pour l’année 2025, le CIDHC indique une hausse d’environ 24 %des violations des droits humains. Il évoque aussi une multiplication des cas de détention arbitraire, incluant des détentions temporaires prolongées, ainsi que des mauvais traitements.

« Ces éléments témoignent d’une dégradation rapide de la situation », conclut le consortium.

Makala et Ndolo : un système de détention en crise

À la prison centrale de Makala, le CIDHC souligne une situation alarmante de surpopulation. L’établissement, prévu pour environ 1 500 détenus, en compterait aujourd’hui près de 15 000. Cette réalité, selon l’organisation, entraîne des conséquences graves : promiscuité extrême, conditions sanitaires dégradées, accès restreint aux soins médicaux, sous-alimentation et vulnérabilité accrue des personnes détenues.

Le CIDHC revient aussi sur la tentative d’évasion survenue du 1er au 2 septembre 2024. Selon des sources gouvernementales, 129 morts auraient été enregistrés, tandis que des sources indépendantes font état de plus de 1 600 décès.

Quant à la prison de Ndolo, officiellement réservée aux militaires, le CIDHC affirme que des civils y seraient également détenus. Il s’agit, selon le rapport, de situations décrites comme « opaques », notamment avec la présence d’officiers supérieurs des FARDC, détenus pour des accusations jugées sensibles. Le consortium indique qu’au total, 43 militaires katangais seraient détenus entre Ndolo, l’ANR et d’autres services.

Une insécurité accrue

Le CIDHC évoque enfin des failles dans les interventions sécuritaires : lenteur des réponses après les attaques, insuffisance de patrouilles préventives, et récidive élevée des criminels. Pour le consortium, ces manquements renforcent l’idée d’un abandon et maintiennent la population dans un état de danger permanent.

Parmi les causes de cette criminalité, le rapport cite des facteurs structurels : pauvreté, chômage endémique, présence et circulation incontrôlée d’armes illégales, faiblesse du système judiciaire et défaillance de l’État.

Face à cette situation, le CIDHC appelle à la fermeture immédiate des lieux de détention illégaux ; une réforme profonde des secteurs sécuritaire et judiciaire, l’ouverture d’une enquête indépendante sur les événements survenus à Makala.

Rédaction

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