Le gouvernement de la République démocratique du Congo et l’Alliance Fleuve Congo (AFC-M23) ont signé un protocole d’accord dans le but d’installer un cadre favorable à une paix durable et au renforcement de la confiance entre les parties.
D’après la déclaration conjointe, les deux signataires se sont engagés à procéder, dans les dix jours, à la libération de prisonniers, conformément au mécanisme de libération convenu en septembre 2025. Cette mesure est présentée comme une étape destinée à créer de meilleures conditions pour la suite des discussions.
Le texte rendu public met en avant la volonté des parties de respecter l’ensemble de leurs obligations découlant du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme et du droit international des réfugiés.
Elles indiquent également vouloir s’abstenir de tout acte pouvant porter préjudice aux populations civiles, notamment des attaques, des destructions, des enlèvements, ou encore toute mise hors d’usage de biens indispensables à leur survie. Le communiqué cite, entre autres, les denrées alimentaires, les zones agricoles, les récoltes, le bétail, les réserves d’eau potable, les ouvrages d’irrigation, ainsi que des infrastructures essentielles comme celles liées aux télécommunications et à l’énergie. Les installations hospitalières et scolaires y figurent aussi comme éléments à protéger.
Au cœur du protocole figure aussi la question de l’assistance : l’AFC-M23 et le gouvernement congolais s’engagent à respecter et protéger les acteurs humanitaires, incluant les intervenants locaux et les bénéficiaires.
Ils affirment vouloir permettre aux équipes humanitaires d’agir en sécurité, tout en s’employant à empêcher que l’aide soit détournée ou pillée. Le communiqué précise en outre que, malgré la volonté d’éviter toute influence indue dans la sélection des prestataires et bénéficiaires, aucune action ne devra entraver la distribution de l’assistance humanitaire dans les zones concernées.
Concernant la mise en œuvre de la liberté de circulation, les deux parties conviennent de respecter, protéger et faciliter le passage du personnel humanitaire, des biens et des convois. L’objectif est de maintenir et de garantir l’accès de la population aux services sociaux de base, sans mesures susceptibles de compromettre leur continuité.
MCVE+ : premières missions annoncées
En complément de ces engagements, un protocole d’accord a été signé avec l’appui de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) pour activer le mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+).
Ce mécanisme doit permettre au système de suivi et de vérification du cessez-le-feu, prévu dans l’accord-cadre de Doha, de démarrer des actions de surveillance, de suivi, de vérification et de reporting sur l’application du cessez-le-feu permanent. Le document prévoit également le lancement, dans un délai d’une semaine, des premières missions de vérification, rendues possibles grâce au soutien logistique de la MONUSCO.
Enfin, le gouvernement de la RDC et l’AFC-M23 remercient l’État du Qatar, les États-Unis, la Suisse, le Togo, la commission de l’Union africaine et les Nations unies pour leur appui à la promotion de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo, particulièrement dans l’Est, ainsi que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Rédaction