La ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a été le théâtre d’une journée de deuil et de recueillement. Ce lundi, la paroisse Saint-Gustave de Beni-Paida a organisé une messe de requiem en mémoire des dernières victimes des massacres attribués aux rebelles des ADF.
La cérémonie, présidée par Monseigneur Sondirya Kahindo Laurent, a réuni de nombreux fidèles venus prier pour le repos des âmes de leurs proches disparus. Accompagné de six prêtres et d’un diacre, le prélat a profité de cette homélie pour lancer un appel poignant aux auteurs des tueries qui endeuillent la région.
« Si vous êtes engagés dans un conflit de pouvoir, veillez s’il vous plaît à épargner les pauvres civils », a déclaré avec force le Vicaire général du diocèse de Butembo-Beni. Rappelant le caractère sacré de la vie, Monseigneur Sondirya Kahindo Laurent a insisté sur le fait que Dieu est le seul maître de la vie et que toute mort infligée injustement constitue un sacrilège.

Au-delà de cet appel à la paix, le prélat n’a pas manqué de pointer du doigt la responsabilité des autorités nationales. Il a déploré la faiblesse du gouvernement de la République démocratique du Congo, l’accusant de « fermer les yeux » pendant que l’ennemi s’acharne sur une population civile innocente, pourtant étrangère à cette guerre.
La célébration, qui s’est tenue dans l’église du secteur de Munzambaye, a été marquée par une atmosphère lourde. Ces prières font suite à une série d’attaques sanglantes ayant ciblé plusieurs entités de la paroisse, notamment les localités de Ngadi, Munzambaye et Kididiwe.
Face à ce constat tragique, Monseigneur Sondirya Kahindo Laurent a invité les fidèles à implorer le pardon de Dieu, non seulement pour les auteurs de ces crimes, mais aussi pour eux-mêmes, afin de trouver la force de traverser cette épreuve dont les motivations réelles demeurent obscures.
Odile Tsongo, depuis Beni.