Le groupement de Luvungi dans la plaine de la Ruzizi enregistre plusieurs cas des violences sexuelles et celles basées sur le genre depuis l’avènement des groupes armés dans la partie Sud de la province du Sud-Kivu.

Des organisations qui militent pour les droits des femmes dans ce coin, répertorient environ chaque mois, 8 cas des VSBG faites surtout à l’égard des femmes. Malheureusement, celles qui survivent sont discriminées et constituent même des sujets de rejet au sein de la communauté.

Les survivantes encore à la fleur de l’âge sont obligées d’abandonner les études pour éviter des moqueries et autres formes de discrimination. Celles qui étaient déjà mariées sont abandonnées par leurs époux.

“Je me promenais et du coup j’ai vu un homme en tenue militaire venir. Il a dit qu’il voulait m’épouser. Quand j’ai entendu ça, j’ai pris fuite mais il est venu après moi. Il m’a attrapée, il m’a battue jusqu’à me ravir mon pagne. Depuis ce jour-là, je ne suis plus considérée comme une femme. Tout le monde se moque de moi », s’indigne une survivante de 14 ans rencontrée sur avenue Lubarika centre.

Elle n’est pas la seule.

“Mon Mari me battait chaque jour seulement parce que je détenais les documents de la maison. Il voulait les prendre par force, je ne sais pas pourquoi. Quand les voisins ont découvert le nœud de notre problème, ils ont commencé à me blâmer, disant que je n’étais plus obéissante”, renchérit une autre survivante rencontrée à l’Hôpital général de Luvungi.

Après avoir été violées, plusieurs survivantes perdent également leurs foyers.

“Nous avons enregistré des femmes à Luvungi qui ont été abandonnées par leurs maris seulement parce qu’elles ont été violées. Quand des situations pareilles arrivent, la première réaction qu’on enregistre c’est le rejet dans la famille, puis l’abandon. Et directement, elles deviennent marginalisées dans la société”, a dit Joséphine Kusinza, secrétaire exécutive du Conseil des organisations féminines agissant en synergie COFAS.

Les défenseurs des droits humains au Sud-Kivu pensent qu’une femme ne doit pas être abandonnée ou discriminée seulement parce qu’elle a été violée.

“Elle a plutôt besoin du réconfort et de l’acceptation de la communauté”, estiment-ils.

Ils soulignent qu’un époux qui abandonne sa femme au motif qu’elle a été violée commet une infraction qu’on appelle en droit congolais abandon de famille, ce qui est punissable par la loi.

“Les victimes des VSBG sont protégées par la loi congolaise et cette loi date de 2006. Et pour mettre fin à la stigmatisation, il y a plusieurs actions à mener. D’abord réprimer les auteurs des violences, qui qu’ils soient car on se rend compte qu’il y a des trafics d’influence. Puis approcher les survivantes, s’occuper de leur état, continuer à les appuyer surtout sur le plan économique et psychologique. Multiplier les centres de récupération de ces femmes et faciliter leur réinsertion dans la communauté “, ajoute l’un d’eux, Maître Néné Bintu.

L’administrateur du territoire d’Uvira dit être au courant de cette situation, qui selon lui est due à la coutume.

“Il y’a quelques cas des viols et violences qui sont enregistrés à Luvungi. Et chaque fois qu’il en a, il y a des services de l’Etat, soit les chefs des villages et chefs des groupements qui relayent l’information et qui orientent les survivantes afin qu’elles puissent trouver les soins et satisfaire leurs besoins primaires. Nous avons aussi des partenaires qui accompagnent ces femmes. Mais ici au village, elles sont discriminées car avec la coutume et les coutumiers, ce n’est pas facile de faire passer le message, de montrer à la communauté qu’une survivante aussi a droit à la vie. Pour les coutumiers il faut vraiment les écarter. En tout cas, la plupart de ces femmes sont abandonnées. Nous faisons quand même des sensibilisations à notre niveau et certaines personnes commencent à les accepter mais nos moyens sont tellement limités”, indique Malenga Sango Julie.

Voulant sauver leurs ménages, plusieurs survivantes se taisent, pourtant souvent porteuses des infections sexuellement transmissibles ; ce qui constitue un danger pour elles.

Les personnes qui commettent ces actes barbares sont des coupeurs de route, des kidnappeurs, certains jeunes du milieu qui se donnent à la consommation abusive des boissons fortement alcoolisées, les gens issus des groupes armés et parfois des militaires indisciplinés.

Ignace BONANE, JDH

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