Le Consortium International pour les Droits de l’Homme au Congo (CIDHC) alerte sur le piétinement de l’État de droit et les violations des droits humains dans le territoire de Walikale, en province du Nord-Kivu.
Dans son rapport, rendu public ce lundi 04 mai 2026, le CIDHC affirme qu’un système organisé de violence, d’extorsion et d’impunité fonctionne au grand jour dans cette entité.
Le consortium indique avoir documenté plusieurs cas, notamment : des civils tués sans enquêtes ; des citoyens battus jusqu’à l’humiliation ; des hommes et femmes arrêtés sans mandat, puis détenus sans jugement, avant d’être libérés moyennant paiement.
Selon le CIDHC, à Walo Uruba (dans la localité de Kiraku) et à Shempunu, des populations auraient été frappées, enfermées et contraintes de payer de l’argent sous prétexte de ne pas avoir présenté un jeton de “salongo”.
« L’autorité administrative est utilisée pour fabriquer une faute afin de justifier la violence et produire de l’argent. C’est de la prédation », note le rapport.
Dans le même registre, le consortium déplore également un crime atroce : un jeune brûlé vif à Byungu, sans réponse, sans enquêtes et sans justice.

« Le silence n’est pas neutre, c’est une autorisation », écrit le CIDHC.
Des barrières illégales
Pour le CIDHC, sur la route Goma–Masisi–Walikale, des barrières érigées par les FARDC, des miliciens et des groupes Mai-Mai Wazalendo tracassent la population.
« Dans ce système, chacun joue son rôle : certains prélèvent, d’autres protègent, organisent et d’autres couvrent. Et quand quelqu’un ose dénoncer, le système frappe », déplore le consortium.
Le CIDHC condamne également le cas de monsieur Amani Bitahi Lucien, acteur de la société civile, arrêté et privé de sa liberté 26 fois pour avoir dénoncé l’injustice et les mauvaises conditions subies par les habitants.
Tout en condamnant le silence et l’inaction des autorités, le CIDHC leur demande de ne pas tolérer que « l’uniforme soit associé à l’extorsion ». Selon lui, chaque barrière illégale constitue une faute et chaque perception illégale une violation.
Le consortium appelle ainsi les autorités politiques et administratives à ne pas gouverner dans le silence face à la souffrance des populations.
Rédaction