La Synergie des intellectuels de Kamanyola (SIK) a organisé, samedi 24 octobre 2026, une conférence consacrée à la résilience socio-économique. L’objectif était de recenser les principaux défis auxquels la communauté est confrontée et de proposer des pistes de solution en vue de favoriser son relèvement.

Selon les conférenciers, la population de Kamanyola fait face à de nombreuses difficultés d’ordre social, économique, éducatif, culturel, politique et environnemental. Celles-ci seraient notamment liées à la famine, aux conflits armés et fonciers, aux tensions intercommunautaires, à la dégradation de l’environnement ainsi qu’à l’usage abusif des réseaux sociaux.

« Kamanyola est une localité cosmopolite, caractérisée par une pluralité de communautés, notamment les Bashi, les Banyamulenge, les Barega et les Babembe. Malgré cette diversité, et en dépit d’une forte croissance démographique, les solutions aux crises socio-économiques restent rares », a déclaré Christian Bugembe, président de la SIK.

Lutter contre les préjugés et la stigmatisation

Au cours de son intervention, le président de la SIK a également évoqué la détérioration du tissu social et les préjugés visant différentes communautés de Kamanyola. Parmi les exemples cités figurent des stéréotypes attribuant aux Bashi l’avarice, aux personnes pygmées le manque de propreté, aux Banyamulenge un caractère conflictuel et introverti, et aux Barega la sorcellerie.

Les conférenciers ont souligné que ces représentations discriminatoires devaient être combattues. Ils ont notamment préconisé le dialogue communautaire, la lutte contre la stigmatisation, la réinsertion sociale, l’acceptation mutuelle et le pardon, en s’inspirant des expériences d’autres pays, comme le Rwanda et le Liberia.

Une économie locale fragilisée

Sur le plan économique, les intervenants ont indiqué que la communauté subissait les effets de difficultés observées à l’échelle internationale, nationale et locale. Les conflits dans certaines régions perturbent notamment les échanges commerciaux.

À Kamanyola, le circuit commercial est fragilisé, des coopératives et des institutions d’épargne et de crédit ont fermé, tandis que les entreprises de production sont peu nombreuses. La faune et la flore sont également menacées, les saisons agricoles perturbées et la corruption présente. La précarité freine, par ailleurs, le développement de l’entrepreneuriat, a expliqué Germain Sunusi.

Parmi les solutions proposées figurent l’amélioration des pratiques agricoles, l’encouragement de la créativité chez les jeunes et la relance des activités génératrices de revenus. Les conférenciers ont aussi recommandé de renforcer la collaboration avec les autorités afin d’améliorer la sécurité, et d’accompagner les agriculteurs et les éleveurs pour prévenir et atténuer les conflits entre eux.

La promotion du vivre-ensemble a également été présentée comme essentielle à la construction d’une communauté unie et solidaire.

Les participants ont estimé que les comportements humains pouvaient contribuer à aggraver les crises, mais aussi jouer un rôle déterminant dans leur résolution. La production, la collaboration et le partage d’expériences ont été présentés comme des leviers pour bâtir une communauté plus forte et améliorer durablement les conditions de vie.

Christian Bunani

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